Notre histoire

La Fondation de l’Islam de France vise à répondre au défi de la connaissance : rendre intelligible auprès du corps social le fait religieux musulman tel qu’il se présente aujourd’hui en France et dans le monde, être un pont entre l’Islam et la République, substituer l’amitié civique aux peurs réciproques, et faire enfin que nos cinq millions de compatriotes de religion ou de tradition musulmane se sentent pleinement citoyens.

L’Islam de France est un grand défi posé à la Nation. Avec 4,1 millions de croyants entre vingt et soixante ans, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), l’Islam constitue la deuxième religion de France. Certes, tous les immigrés d’origine maghrébine, africaine ou turque, et pour la plupart de nationalité française, ne sont pas musulmans, mais ils le sont majoritairement. Ils ont le droit de pratiquer leur culte. C’est pour favoriser leur intégration qu’en 1999 j’avais lancé une consultation réunissant les grandes sensibilités de l’Islam présentes en France.

C’est sur cette base qu’a pu être élu en 2003 le conseil français du culte musulman, Jacques Chirac étant président de la République et Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur. Le conseil français du culte musulman est la seule instance représentative du culte musulman.

En 2015-2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’intérieur, a souhaité relancer le processus initié il y a bientôt dix-sept ans, en créant une instance de consultation.

Que s’agit-il de faire ? Relancer la Fondation pour les œuvres de l’Islam de France créée en 2005 par Dominique de Villepin, afin de surmonter les blocages qui l’avaient empêchée jusqu’alors de fonctionner et aider à l’émergence d’un Islam de France qui soit un islam républicain, autonome aussi bien dans ses financements que dans sa démarche.

Le dispositif retenu est simple. Une Fondation reconnue d’utilité publique aidera les projets éducatifs, culturels et sociaux. Elle n’aura donc pas d’activités proprement cultuelles. La Fondation de l’Islam de France est une nouvelle étape et c’est l’affirmation d’une volonté politique forte. La mise en place d’un tel dispositif portera ses fruits dans la durée. Il faut favoriser sans attendre les évolutions nécessaires. C’est l’affaire des musulmans d’abord. C’est aussi la volonté de l’État.

Elle répond à l’exigence du pays. Le chemin est ardu mais il n’y en a pas d’autre.
Il y a, entre la France et l’Islam une histoire pluriséculaire, jalonnée certes de conflits mais aussi d’échanges auréolés d’une vraie philosophie de la relation, qu’il faudra sans aucun doute réhabiliter. Nous montrerons ainsi à la majorité de nos concitoyens combien l’Islam fait partie intégrante de notre histoire collective.


Jean-Pierre Chevènement